Vision
La myrtille : un allié pour des yeux en bonne santé ?
Valérie Delenne
02/07/2026
Introduction
La myrtille ou blueberry est une baie de la famille des éricacées qui pousse sur les massifs montagneux, à plus de 2 000 m d’altitude. Elle est reconnaissable à sa peau bleu-noir ou violette, sa chair juteuse et son goût aigre-doux, légèrement acidulé. Ce fruit d’été est réputé depuis le Moyen Âge pour ses vertus sur la santé. La myrtille serait notamment intéressante pour le bien-être visuel en raison de ses multiples principes actifs (flavonoïdes, tanins, anthocyanosides, etc.). Sachez toutefois que la consommation de ce fruit ne permet pas de traiter une maladie oculaire. Elle ne remplace pas non plus un traitement médical. Ainsi, en cas de problème persistant ou de baisse de la vision, vous devez consulter un professionnel de santé.
Est-ce que la myrtille (blueberry) est bonne pour les yeux ? En manger contribue-t-il au confort visuel ?
Poussant à l’état sauvage en Amérique du Nord, la myrtille (Vaccinium myrtillus) se cultive de plus en plus. Elle vient agrémenter les desserts, mais présente également un intérêt nutritionnel pour le bien-être des yeux. Grâce à sa teneur en antioxydants, elle pourrait notamment contribuer au maintien de la fonction visuelle et de la rétine.
Pourquoi boire du jus de myrtille ?
Boire du jus de myrtille peut présenter différents intérêts nutritionnels, notamment dans le cadre d’une alimentation favorable à la santé des yeux. Cela est dû en grande partie à sa richesse en antioxydants, comme les flavonoïdes, ainsi qu’à sa teneur en fibres et en minéraux.
A. Source d’anthocyanes : quel intérêt pour la santé oculaire ?
Comme le bleuet, une autre baie comestible, la myrtille est riche en antioxydants tels que les anthocyanes (2). Ces derniers contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif, un phénomène impliqué dans leur vieillissement, notamment au niveau de la rétine, du cristallin et du corps vitreux. Par la même occasion, ces actifs peuvent participer au maintien d’une bonne circulation sanguine.
Les anthocyanes sont également étudiées pour leur possible rôle dans le confort visuel et l’adaptation de la vision à l’obscurité. Toutefois, la consommation de myrtilles ne permet pas, à elle seule, de faire baisser la tension oculaire ni de prévenir ou de traiter un glaucome. Une tension oculaire élevée nécessite un suivi auprès d’un ophtalmologue.
B. Riche en flavonoïdes
Les myrtilles renferment également des flavonoïdes. Ces petits pigments végétaux aux propriétés antioxydantes contribuent à protéger les cellules et les tissus de l’œil contre le stress oxydatif. Ils peuvent ainsi participer au maintien du confort visuel, notamment dans un environnement marqué par une forte exposition aux écrans.
Par ailleurs, ces baies contribuent à la santé des vaisseaux sanguins, ce qui participe également au bon fonctionnement de la rétine.
C. De bons pourvoyeurs de vitamines essentielles au maintien de la vision : quel intérêt face à la DMLA ?
Les myrtilles sont un concentré de principes actifs végétaux et de nutriments essentiels au maintien d’une vision normale (1). Ces petits fruits apportent notamment des vitamines C et K. La vitamine C est réputée pour ses propriétés antioxydantes. De ce fait, elle aide à protéger les cellules contre les dommages causés par les radicaux libres. La vitamine K, quant à elle, est essentielle à la coagulation normale du sang.
Le blueberry renferme aussi du bêta-carotène, précurseur de la vitamine A, ainsi que de la vitamine E et des vitamines B, notamment B1, B6 et B9 (5). Cette baie contient par ailleurs des minéraux, dont le zinc et le manganèse, qui participent à différents processus de l’organisme.
La consommation de myrtilles peut donc s’inscrire dans une alimentation variée et équilibrée favorable à la santé générale. Elle ne permet toutefois pas de prévenir ou de traiter à elle seule la dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA, ni la cataracte.
Lutéine et extrait de myrtille en gélule : quel intérêt pour le confort visuel ?
La lutéine est un caroténoïde qui se trouve en grande quantité dans la rétine, plus précisément dans la macula. Elle joue un rôle important dans la santé oculaire et le confort visuel. Cet antioxydant contribue notamment à protéger les cellules contre le stress oxydatif lié à l’exposition à la lumière.
La lutéine fait l’objet de recherches pour son rôle dans le maintien de la fonction visuelle. Elle ne permet cependant pas de prévenir ou de traiter à elle seule une affection oculaire ou une dégénérescence maculaire.
Contrairement à la vitamine D, la lutéine n’est pas synthétisée par l’organisme humain. Les légumes verts, comme le chou frisé et l’épinard, comptent parmi les meilleures sources de lutéine. Une supplémentation via les compléments alimentaires est aussi possible. Elle peut notamment être associée à la myrtille dans des formules destinées au confort visuel.
Avant de commencer une cure, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé, en particulier en cas de maladie oculaire, de traitement en cours, de grossesse ou d’allaitement.
Avis : est-il bon de manger des myrtilles tous les jours ?
Consommer régulièrement des myrtilles peut contribuer au bien-être visuel dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée. La myrtille est notamment un concentré d’anthocyanosides, des composés étudiés pour leur rôle potentiel dans le confort des yeux et l’adaptation de la vision à une faible luminosité.
Ces petites baies peuvent donc être intéressantes pour les personnes très exposées aux écrans ou amenées à conduire la nuit. Elles ne remplacent toutefois pas les mesures essentielles contre la fatigue visuelle, comme les pauses régulières, un éclairage adapté, une distance suffisante par rapport à l’écran et, si nécessaire, le port d’une correction visuelle adaptée.
Cassis ou myrtille : que choisir pour prendre soin de ses yeux ?
Divers troubles peuvent affecter la vision, en plus de la myopie et de l’hypermétropie. La DMLA, le glaucome et la sécheresse oculaire font aussi partie des affections qui peuvent toucher les yeux.
A. DMLA et glaucome : quelle est la différence ?
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) constitue l’une des causes de la baisse de la vision centrale (4). Cette pathologie oculaire correspond à une atteinte d’une partie de la rétine, plus précisément de la macula, d’où son appellation. Elle apparaît généralement après 50 ans.
Le glaucome, quant à lui, est une maladie du nerf optique, souvent associée à une pression trop élevée à l’intérieur de l’œil. Sans prise en charge adaptée, il peut entraîner une perte progressive de la vision.
Une alimentation équilibrée participe à la santé générale et peut contribuer au maintien de la fonction visuelle. Elle ne permet cependant pas de retrouver une bonne vue ni de remplacer le dépistage, le suivi ophtalmologique ou les traitements prescrits en cas de DMLA ou de glaucome.
B. La myrtille est-elle recommandée en cas de DMLA ou de glaucome ?
Les baies contiennent des vitamines et des composés antioxydants intéressants dans le cadre d’une alimentation favorable à la santé des yeux. Les fruits rouges, comme le cassis, les groseilles, les myrtilles ou les mûres, apportent notamment différents pigments végétaux et polyphénols (3).
Certains caroténoïdes, comme la lutéine et la zéaxanthine, sont particulièrement présents dans la macula et sont étudiés pour leur rôle antioxydant et photoprotecteur. Ils se trouvent toutefois principalement dans les légumes à feuilles vertes, les œufs et certains légumes jaunes ou orange.
Les baies constituent également une source de vitamine C, de vitamine B2 et de phytonutriments, dont le resvératrol et les polyphénols. Elles peuvent donc compléter une alimentation variée, mais elles ne permettent pas de traiter ou de ralentir à elles seules la DMLA ou le glaucome.
C. Quel intérêt des baies de myrtille en cas d’yeux secs ?
La sécheresse oculaire peut avoir de nombreuses causes : exposition prolongée aux écrans, environnement sec ou climatisé, port de lentilles, prise de certains médicaments, vieillissement ou affection oculaire.
Certains extraits de myrtille ont été étudiés pour leur possible intérêt sur le confort oculaire et la production de larmes. Les résultats disponibles restent toutefois à confirmer et ne permettent pas de considérer la myrtille comme un traitement de la sécheresse oculaire.
En cas d’yeux secs persistants, de douleurs, de rougeurs importantes ou de troubles de la vision, il est conseillé de consulter un professionnel de santé afin d’en rechercher la cause et de bénéficier de conseils adaptés.
D. Et la cataracte ?
La cataracte est une affection oculaire souvent associée au vieillissement, mais elle peut également être liée à d’autres facteurs. Elle est caractérisée par une opacification progressive du cristallin de l’œil, qui se traduit notamment par une baisse de la vision.
Du fait de sa richesse en flavonoïdes et en anthocyanes, la myrtille peut participer aux apports alimentaires en antioxydants. Ces composés contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif. La consommation de myrtilles ne permet toutefois pas de prévenir ou de traiter une cataracte. En cas de vision trouble ou de gêne croissante, un examen ophtalmologique est nécessaire.
Quelles sont les autres vertus de la myrtille ?
Outre son intérêt pour le bien-être visuel, la myrtille présente d’autres qualités nutritionnelles.
A. Favorise une bonne digestion
En plus de son faible apport en calories, ce fruit favorise une bonne digestion grâce à sa teneur en tanins catéchiques et au sentiment de satiété apporté par sa richesse en fibres alimentaires. Il peut de ce fait être un allié dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
B. Soutient l’immunité
Riches en antioxydants et en vitamine C, les myrtilles contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif et participent au fonctionnement normal du système immunitaire. Elles peuvent également s’inscrire dans une alimentation favorable à la santé cardiovasculaire.
C. Alliée des peaux à problèmes
Ces baies bleu-noir sont aussi appréciées pour leurs qualités nutritionnelles intéressantes pour la peau. Leur teneur en vitamines A et C contribue notamment au maintien d’une peau normale.
Elles ne permettent toutefois pas de traiter des problèmes cutanés tels que l’eczéma ou la couperose, qui nécessitent des conseils et, si besoin, une prise en charge adaptée par un professionnel de santé.
D. Soutient la circulation sanguine
Les baies de myrtille renferment des anthocyanes et des polyphénols, des substances étudiées pour leur rôle sur les vaisseaux sanguins et la microcirculation. Elles peuvent ainsi s’intégrer à une alimentation variée destinée à préserver le bien-être circulatoire.
En cas de sensation persistante de jambes lourdes, de douleur, de gonflement soudain ou de modification de la peau, il est important de demander l’avis d’un professionnel de santé.
En outre, la consommation de myrtilles fait l’objet de recherches concernant la mémoire et les fonctions cognitives, notamment en raison de leur teneur en flavonoïdes. Ces résultats restent cependant à approfondir et ne permettent pas d’attribuer à ce fruit un effet thérapeutique sur les troubles de la mémoire.
Comment consommer des myrtilles (confiture, bio…) ?
Ces petites baies bleues peuvent être consommées de différentes manières selon les préférences. Les myrtilles sont une excellente collation. Elles peuvent être ajoutées à des salades de fruits, utilisées comme garniture sur les desserts ou mixées pour en extraire le jus et ainsi profiter de leurs qualités nutritionnelles.
Elles peuvent être consommées seules ou mélangées à d’autres fruits rouges afin de varier les apports. La poudre de baies de myrtille entre aussi dans la formulation de certains compléments alimentaires destinés au confort visuel.
Les myrtilles séchées sont traditionnellement utilisées en cas d’inconfort digestif passager. Toutefois, en cas de diarrhée importante, prolongée ou accompagnée d’autres symptômes, il est recommandé de consulter un professionnel de santé et de veiller à une bonne hydratation.
Idéalement, on préférera la myrtille bio ou sauvage, car, sur les marchés, les myrtilles vendues sont en réalité souvent des bleuets. Ce sont des fruits assez similaires à la myrtille, mais plus gros et plus clairs. Il convient de les manger fraîches ou surgelées plutôt qu’en confiture, car la confiture est très sucrée.
Conclusion
En conclusion, la nutrition joue un rôle important dans le maintien de la santé générale et de la fonction visuelle. Certains aliments apportent des nutriments et des antioxydants intéressants pour les yeux. Les myrtilles en font partie grâce à leur richesse en anthocyanes, en polyphénols et en vitamines.
Elles peuvent ainsi contribuer à une alimentation variée et équilibrée favorable au bien-être visuel. En revanche, elles ne permettent pas de prévenir, de ralentir ou de traiter à elles seules des maladies oculaires comme la cataracte, la DMLA ou le glaucome.
Comme pour tout aliment, il est préférable de consommer les myrtilles en quantité raisonnable, dans le cadre d’une alimentation diversifiée. Les extraits concentrés et les compléments alimentaires nécessitent davantage de précautions, notamment en cas de traitement médicamenteux, de maladie chronique, de grossesse ou d’allaitement.
« Les informations fournies dans cet article sont destinées à informer et à promouvoir la compréhension et la connaissance générale des bienfaits potentiels des myrtilles. Elles ne sont en aucun cas destinées à se substituer aux conseils d’un professionnel de santé, à un diagnostic ou à un traitement médical. Les compléments alimentaires à base de myrtille ne doivent jamais remplacer une alimentation équilibrée et variée. Il est recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer toute nouvelle routine de supplémentation, en particulier en cas de problème de santé préexistant ou de prise de médicaments. »
Références
1. Asensi-Fabado, M. A., & Munné-Bosch, S. (2010). Vitamins in plants: occurrence, biosynthesis and antioxidant function. Trends in plant science, 15(10), 582-592.
2. Matsunaga, N., Tsuruma, K., Shimazawa, M., & Hara, H. (2014). Sphingosine 1-phosphate receptor subtype 1 agonist enhances the efficacy of antioxidative stress treatment in adult rabbits after cerebral ischemia. Neurochemistry international, 76, 14-21.
3. Johnson, E. J., & Schalch, W. (2010). Nutritional manipulation of primate retinas, III: Effects of lutein or zeaxanthin supplementation on adipose tissue and retina of xanthophyll-free monkeys. Investigative ophthalmology & visual science, 51(12), 6968-6975.
4. Itoh, H., Shimazawa, M., Inokuchi, Y., Hara, H., & Nakajima, Y. (2013). Involvement of endoplasmic reticulum stress on neuronal cell death in the lateral geniculate nucleus in the monkey glaucoma model. European journal of pharmacology, 714(1-3), 48-55.
5. Kalt, W., & McDonald, J. E. (1996). Chemical composition of lowbush blueberry cultivars. Journal of the American Society for Horticultural Science, 121(5), 835-838.
Valérie Delenne
Naturopathe
Valérie Delenne, certifiée praticien de santé naturopathe en 2009 auprès de la FENA*, et membre de l’OMNES*, elle suit un cursus en 2011...