Sommeil
Comprendre les différentes phases du cycle du sommeil
Valérie Delenne
09/07/2026
Introduction
Le sommeil est un processus complexe qui fonctionne en cycles successifs, chacun comprenant trois phases clés : le sommeil lent léger, le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal. Ces différents stades jouent un rôle important dans le fonctionnement de l’organisme, la récupération et le respect du rythme circadien. Mieux comprendre leur fonctionnement permet d’adopter des habitudes favorables à un sommeil de qualité.
Qu’est-ce que le sommeil ?
Bébé, enfant et adulte : le temps de sommeil
Les besoins en sommeil varient selon l’âge. Il est bien connu que les bébés (entre 0 et 28 jours) dorment beaucoup, jusqu’à 20 heures par jour. Ensuite, le sommeil du nourrisson évolue progressivement et les périodes de sommeil nocturne deviennent plus longues.
Chez l’enfant, à partir de 6 ans, le sommeil devient essentiellement nocturne, tandis que sa durée diminue progressivement.
À l’âge adulte, les besoins se situent généralement entre 7 et 9 heures de sommeil par nuit. À partir de la cinquantaine, il est fréquent que le sommeil devienne plus léger, avec des réveils nocturnes plus nombreux et un temps d’endormissement parfois plus long.
Manque ou troubles du sommeil : quels impacts sur le bien-être ?
Dormir moins de 5 heures par nuit ne permet généralement pas de bénéficier d’un sommeil suffisamment récupérateur, ce qui peut influencer différentes fonctions de l’organisme (1).
Les conséquences les plus fréquemment observées après une nuit trop courte sont notamment :
- des troubles de l’humeur ;
- une baisse de l’attention ;
- une diminution de la vigilance.
À moyen terme, un manque de sommeil répété peut également favoriser une irritabilité durable ainsi que des difficultés d’apprentissage. Lorsqu’il s’installe dans le temps, il est aussi considéré comme un facteur pouvant être associé à un risque accru d’obésité ou de diabète.
Certaines études suggèrent qu’un sommeil de bonne qualité contribue au maintien d’un métabolisme équilibré et pourrait participer à la prévention du diabète de type 2 ou accompagner sa prise en charge globale (2). Le manque de sommeil peut également influencer certains processus de mémorisation, notamment la mémoire déclarative, aussi appelée mémoire consciente.
Quels signes peuvent évoquer un sommeil de mauvaise qualité ?
Certains symptômes peuvent traduire un sommeil insuffisant ou peu réparateur, notamment :
- une fatigue persistante au réveil ;
- des difficultés de concentration ;
- une somnolence en journée ;
- des réveils fréquents pendant la nuit.
Lorsque ces manifestations deviennent récurrentes ou s’accompagnent d’une altération importante de la qualité de vie, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’en rechercher la cause.
Quelles sont les étapes d’un cycle de sommeil ?
Un cycle de sommeil est composé de trois grandes phases, auxquelles s’ajoute la phase d’endormissement. Chacune correspond à une activité cérébrale différente et participe au bon déroulement du sommeil. Un cycle dure en moyenne 90 minutes, ce qui représente généralement 4 à 5 cycles au cours d’une nuit.
Phase 1 : Endormissement ou déconnexion
Avant le sommeil lent léger, l’organisme entre dans une phase de transition appelée endormissement. Cette étape dure généralement entre 5 et 20 minutes. Durant cette période, les yeux se ferment progressivement, la respiration ralentit, tout comme le rythme cardiaque. La glande pinéale sécrète de la mélatonine, une hormone impliquée dans la régulation du cycle veille-sommeil.
Pendant cette transition entre l’éveil et le sommeil, les perceptions sensorielles diminuent progressivement et les muscles se relâchent. Certaines personnes ressentent alors une impression de chute dans le vide, phénomène fréquent au moment de l’endormissement.
Chez les personnes présentant des troubles du sommeil, cette phase peut parfois être plus longue et atteindre une trentaine de minutes.
Phase 2 : Le sommeil lent léger
La phase d’endormissement est suivie par le sommeil lent léger. Son nom provient du ralentissement de l’activité électrique cérébrale. L’organisme entre alors dans un état de repos de plus en plus profond.
1. Combien de temps dure un sommeil lent léger ?
Cette phase représente environ 50 % du temps de sommeil chez l’adulte, même si cette proportion peut varier d’une personne à l’autre.
2. Que se passe-t-il pendant le sommeil léger ?
À ce stade, les ondes cérébrales ralentissent progressivement et les neurones tendent à se synchroniser, un phénomène observable dans un laboratoire du sommeil grâce à un enregistrement de l’activité cérébrale.
Le cerveau poursuit également le traitement des informations acquises durant la journée, participant ainsi aux mécanismes de mémorisation.
Il reste néanmoins possible de percevoir certains sons ou des variations de température. La fréquence cardiaque continue de ralentir progressivement. Cette phase contribue au fonctionnement normal de plusieurs grandes fonctions physiologiques, notamment la régulation cardiovasculaire, le métabolisme et l’activité digestive.
3. Le sommeil léger est-il réparateur ?
Le sommeil léger constitue une étape essentielle du cycle du sommeil. À lui seul, il n’est généralement pas considéré comme le stade le plus récupérateur, mais il prépare l’organisme aux phases de sommeil plus profondes qui suivent.
Phase 3 : Le sommeil lent profond
Le sommeil lent profond correspond à la phase de récupération la plus importante de la nuit. Il participe notamment aux mécanismes de récupération physique et aux processus de consolidation de la mémoire.
1. Quel est le sommeil le plus réparateur ?
Le sommeil lent profond est généralement considéré comme la phase la plus réparatrice du cycle du sommeil (3).
Durant cette période, le cerveau devient moins sensible aux stimulations extérieures, comme le bruit ou la lumière. La respiration ainsi que le rythme cardiaque sont plus lents et plus réguliers. C’est également au cours de cette phase que l’organisme produit une quantité importante d’hormone de croissance, impliquée dans différents mécanismes de réparation et de renouvellement des tissus.
2. Quelle est la durée idéale du sommeil profond ?
Le sommeil lent profond représente généralement 20 à 25 % du temps total de sommeil. Il est surtout présent au cours des premiers cycles de la nuit.
3. Combien de sommeil profond par nuit ?
Pour une nuit d’environ 7 heures, le sommeil profond représente en moyenne près d’1 heure 45, répartie sur plusieurs cycles (4).
Phase 4 : Le sommeil paradoxal ou REM (Rapid eye movement)
Au cours de la phase de sommeil paradoxal, également appelée Rapid Eye Movement (REM), l’activité cérébrale est particulièrement intense. Le cerveau présente une activité proche de celle observée à l’état d’éveil, alors que l’organisme est profondément endormi.
1. Durée du sommeil paradoxal
Cette phase représente environ 20 % du temps total de sommeil, soit une vingtaine à une trentaine de minutes par cycle.
Le sommeil paradoxal est associé à l’activité du système limbique, une région du cerveau impliquée dans la gestion des émotions. Cette phase participe notamment à la récupération mentale ainsi qu’au traitement de certaines informations émotionnelles. Durant cette période, la température corporelle est plus basse tandis que le rythme cardiaque peut devenir plus variable.
2. Quel est le rôle du sommeil paradoxal dans les rêves ?
Le sommeil paradoxal est la phase au cours de laquelle les rêves sont les plus fréquents, les plus riches et les plus détaillés. Cette activité s’accompagne de mouvements oculaires rapides sous les paupières fermées.
Au-delà des rêves, cette phase participe également à plusieurs fonctions neurophysiologiques importantes. Les recherches suggèrent qu’elle contribue à la régulation émotionnelle et aux mécanismes d’apprentissage, notamment à la consolidation de certains souvenirs et automatismes.
Le saviez-vous ?
Le sommeil profond est principalement concentré au cours des deux ou trois premiers cycles de la nuit. Les derniers cycles comportent davantage de sommeil léger et de sommeil paradoxal.
Troubles du sommeil : comment favoriser un sommeil de qualité ?
Adopter une alimentation variée et équilibrée, tout en privilégiant un dîner léger, peut contribuer à préserver un sommeil de qualité. En effet, chez certaines personnes, une digestion difficile peut retarder l’endormissement ou perturber le sommeil.
Certaines personnes choisissent également de se tourner vers des compléments alimentaires contenant des plantes traditionnellement utilisées pour favoriser la détente, comme la camomille, la fleur d’oranger, la valériane, l’aubépine, la passiflore, la mélisse, le tilleul, le houblon ou la verveine officinale. D’autres ingrédients, comme la mélatonine, le tryptophane ou le magnésium, sont également proposés dans certains compléments alimentaires.
Précautions d’emploi : les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et un mode de vie équilibré. En cas de grossesse, d’allaitement, de traitement médicamenteux ou de maladie chronique, il est recommandé de demander l’avis d’un professionnel de santé avant toute supplémentation. Certaines plantes et certains actifs peuvent présenter des interactions avec des médicaments.
Quelques habitudes simples peuvent contribuer à améliorer la qualité du sommeil :
- se coucher et se lever à des horaires réguliers afin de soutenir le rythme biologique ;
- privilégier, si besoin, une sieste courte de 10 à 20 minutes, idéalement entre 12 h et 15 h ;
- limiter la consommation de café, de thé et d’autres boissons contenant de la caféine en fin de journée ;
- réduire l’exposition aux écrans et à la lumière bleue avant le coucher ;
- éviter une activité physique intense en soirée, qui peut retarder l’endormissement chez certaines personnes ;
- pratiquer une activité relaxante, comme la respiration profonde, la méditation ou le yoga, afin de favoriser la détente.
Quand consulter ?
Des difficultés d’endormissement répétées, des réveils nocturnes fréquents, une fatigue persistante au réveil, un ronflement important ou une somnolence excessive en journée peuvent justifier un avis médical.
Si les troubles du sommeil persistent plusieurs semaines ou altèrent la qualité de vie, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’en rechercher la cause et de bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Conclusion
Les différentes phases du cycle du sommeil — sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal — participent ensemble au bon déroulement du repos nocturne. Elles se succèdent plusieurs fois au cours d’une nuit et contribuent à la récupération physique, mentale et émotionnelle. Le rythme de vie actuel, le stress ou certaines habitudes peuvent influencer la qualité du sommeil et favoriser une fatigue durable. Mieux comprendre le fonctionnement du sommeil permet d’adopter des habitudes favorables à un repos plus réparateur et, plus largement, au bien-être au quotidien. « Les informations fournies dans cet article sont destinées à informer et à promouvoir la compréhension et la connaissance générale pour comprendre les différentes phase du cycle du sommeil. Elles ne sont en aucun cas destinées à se substituer aux conseils professionnels de santé, au diagnostic ou au traitement médical. Il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer toute nouvelle routine de supplémentation, en particulier si vous avez des conditions médicales préexistantes ou si vous prenez d’autres médicaments. »
Références
1. Hirshkowitz, M., Whiton, K., Albert, S. M., Alessi, C., Bruni, O., DonCarlos, L., … & Hillard, P. J. (2015). National Sleep Foundation’s sleep time duration recommendations: methodology and results summary. Sleep Health, 1(1), 40-43.
2. Donga, E., van Dijk, M., van Dijk, J. G., Biermasz, N. R., Lammers, G. J., van Kralingen, K. W., … & Romijn, J. A. (2010). A single night of partial sleep deprivation induces insulin resistance in multiple metabolic pathways in healthy subjects. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 95(6), 2963-2968.
3. Feinberg, I., & Floyd, T. C. (1979). Systematic trends across the night in human sleep cycles. Psychophysiology, 16(3), 283-291.
4. Iber, C., Ancoli-Israel, S., Chesson Jr, A., Quan, S. F., for the American Academy of Sleep Medicine. (2007). The AASM manual for the scoring of sleep and associated events: rules, terminology and technical specifications. American Academy of Sleep Medicine.
Valérie Delenne
Naturopathe
Valérie Delenne, certifiée praticien de santé naturopathe en 2009 auprès de la FENA*, et membre de l’OMNES*, elle suit un cursus en 2011...