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Confort urinaire

La prostate : un organe dont il faut prendre soin

Florence Cartoux

18/06/2026

Introduction

Avec l’âge, il n’est pas rare que les hommes constatent certaines gênes urinaires susceptibles de perturber leur quotidien. La prostate peut parfois être impliquée dans ces changements. Cette glande reste pourtant méconnue et les sujets qui la concernent sont encore souvent considérés comme tabous. Mieux comprendre son rôle, être attentif aux signes inhabituels et adopter une bonne hygiène de vie permet de prendre soin de son confort urinaire et de sa santé globale. En cas de gêne persistante ou importante, un avis médical reste toutefois indispensable afin d’en rechercher la cause.

01.

La prostate chez l’homme, à quoi ça sert ?

La prostate, cette petite glande de la taille d’une noix, fait partie de l’appareil reproducteur masculin (1). Mais à quoi sert-elle exactement ?

Située juste en dessous de la vessie, elle entoure une partie de l’urètre, le canal qui permet d’évacuer l’urine et le sperme hors du corps. Elle produit le liquide prostatique, l’un des composants du sperme (2). Ce liquide participe notamment à la protection et au transport des spermatozoïdes dans l’appareil reproducteur féminin.

Libéré au moment de l’éjaculation, il ne représente qu’une partie du volume total du sperme. La prostate participe donc au fonctionnement de l’appareil reproducteur, sans être à elle seule responsable de la fertilité masculine (3).

En raison de sa position autour de l’urètre, une modification de son volume peut également avoir des répercussions sur le confort urinaire. Lorsqu’elle augmente de taille, elle peut exercer une pression sur ce canal et rendre le passage de l’urine moins fluide.

Bien que souvent négligée, cette glande joue ainsi un rôle dans la fonction reproductive et peut influencer le confort urinaire. Prendre soin de sa santé générale et rester attentif à d’éventuels changements contribue à préserver sa qualité de vie.

02.

Les problèmes de prostate courants chez les hommes de 40 ans et plus

Le volume de la prostate a naturellement tendance à augmenter avec l’âge. Ce phénomène peut commencer à devenir plus marqué à partir de la quarantaine. La prostate, initialement comparable à une noix, peut alors progressivement gagner en volume.

Cette évolution est fréquente : plus de 50 % des hommes de 60 ans et une grande majorité des hommes plus âgés présenteraient une augmentation du volume de la prostate (4). Celle-ci ne provoque pas systématiquement de symptômes et ne correspond pas nécessairement à une maladie.

Cependant, lorsque la prostate exerce une pression plus importante sur l’urètre, certaines gênes peuvent apparaître (5) :

  • une envie plus fréquente d’uriner, de jour comme de nuit ;
  • un jet urinaire plus faible, fractionné ou intermittent ;
  • une difficulté à commencer à uriner ;
  • le besoin de pousser ou de forcer ;
  • une sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie ;
  • des changements dans le confort sexuel ou au moment de l’éjaculation.

Ces manifestations peuvent avoir différentes origines et ne permettent pas, à elles seules, d’identifier leur cause. Elles peuvent notamment être liées à une augmentation bénigne du volume de la prostate, mais aussi à une irritation, une infection ou à un autre trouble urinaire.

Il est donc important de ne pas établir soi-même de diagnostic. Une gêne persistante, une aggravation des symptômes, une douleur, la présence de sang dans les urines ou l’impossibilité d’uriner nécessitent une consultation médicale.

03.

Les principales clés pour une prostate au top

Il n’existe pas de méthode garantissant l’absence de problème prostatique. Cependant, plusieurs habitudes simples peuvent contribuer au bien-être général et au maintien du confort urinaire.

 

Adopter une bonne alimentation et ne pas oublier l’hydratation

L’alimentation joue un rôle important dans l’équilibre général de l’organisme. Une assiette variée, composée notamment de fruits, de légumes, de céréales complètes, de légumineuses, de poissons et de sources de bonnes matières grasses, aide à couvrir les besoins nutritionnels.

Certains nutriments participent au fonctionnement normal de l’organisme :

  • le zinc contribue au maintien d’un taux normal de testostérone dans le sang ainsi qu’à une fertilité et une reproduction normales ;
  • le zinc, le sélénium et les vitamines C et E contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif ;
  • la vitamine D participe au fonctionnement normal du système immunitaire.

Les fruits de mer, les poissons, les graines, les fruits à coque ainsi que les fruits et légumes colorés peuvent donc trouver leur place dans une alimentation équilibrée.

Il n’est pas nécessaire d’exclure systématiquement certains aliments pour prendre soin de sa prostate. Il est toutefois préférable de limiter la consommation excessive d’aliments très transformés, de charcuteries, de viandes rouges, d’alcool ou de plats très épicés, en particulier lorsque ces derniers accentuent l’inconfort urinaire.

Certaines boissons, comme le café, le thé, les boissons énergisantes ou l’alcool, peuvent également augmenter l’envie d’uriner ou irriter la vessie chez certaines personnes. L’objectif n’est pas nécessairement de les supprimer, mais d’observer leur effet et de modérer leur consommation si besoin.

Par ailleurs, diminuer fortement ses apports en eau pour éviter d’uriner plus souvent n’est généralement pas une bonne stratégie. Une hydratation régulière reste nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme.

Il peut être utile de :

  • boire régulièrement au cours de la journée ;
  • répartir ses apports plutôt que de boire de grandes quantités en une seule fois ;
  • limiter les boissons dans les heures précédant le coucher en cas de réveils nocturnes fréquents ;
  • adapter sa consommation d’eau à la température, à l’activité physique et aux recommandations d’un professionnel de santé.

Il ne s’agit donc pas d’éviter de boire après une heure précise, mais plutôt d’ajuster la répartition de ses boissons selon son confort et ses besoins.

Bouger régulièrement

L’activité physique régulière participe au maintien de la santé générale, du poids, de la mobilité et du bien-être. Elle peut également contribuer à limiter la sédentarité, qui n’est favorable ni à la circulation ni au confort global.

Marche, vélo, natation, renforcement musculaire ou exercices de mobilité peuvent être intégrés progressivement au quotidien, en fonction des capacités de chacun.

Des exercices ciblant le plancher pelvien peuvent aussi être proposés dans certaines situations pour améliorer le contrôle urinaire. Ils doivent toutefois être correctement réalisés. L’accompagnement d’un kinésithérapeute ou d’un professionnel formé peut être utile, notamment en cas de fuites urinaires, de douleurs ou après une intervention.

 

Conserver de bonnes habitudes urinaires

Quelques gestes simples peuvent également favoriser le confort urinaire :

  • éviter de se retenir pendant de longues périodes ;
  • prendre le temps d’uriner sans pousser excessivement ;
  • limiter les passages aux toilettes « par précaution » lorsqu’ils deviennent trop fréquents ;
  • surveiller les boissons ou les aliments qui semblent accentuer les gênes ;
  • consulter lorsque les changements persistent ou deviennent gênants.
04.

Quelle place pour les compléments alimentaires ?

Certains compléments alimentaires sont conçus pour accompagner le confort urinaire masculin. Ils contiennent souvent des ingrédients d’origine végétale, comme le palmier nain, aussi appelé saw palmetto, ou les pépins de courge (6).

Ces plantes sont traditionnellement utilisées pour soutenir le fonctionnement de la prostate et le confort urinaire. Leurs effets peuvent toutefois varier d’une personne à l’autre et elles ne remplacent pas un avis médical (7).

Avant toute prise, il est conseillé de respecter les indications du fabricant et de demander conseil à un professionnel de santé en cas de traitement ou de gêne persistante. Les compléments alimentaires s’intègrent dans une démarche globale associant alimentation équilibrée, activité physique et bonne hydratation.

 

05.

Consulter un professionnel de santé

La prostate reste parfois un sujet difficile à aborder. Pourtant, en parler avec un médecin permet de faire le point simplement et de mieux comprendre les éventuels changements ressentis.

À partir de 50 ans, un suivi régulier peut être recommandé, en particulier en cas d’antécédents familiaux ou de gêne urinaire. La fréquence des contrôles dépend de chaque personne et se décide avec un professionnel de santé.

Il est notamment conseillé de consulter en cas de :

  • besoin d’uriner plus fréquent qu’auparavant ;
  • réveils nocturnes répétés ;
  • jet urinaire plus faible ;
  • difficulté ou inconfort au moment d’uriner ;
  • changement inhabituel ou gêne qui s’installe dans le temps.

Être attentif à son confort urinaire, adopter une hygiène de vie équilibrée et ne pas laisser s’installer une gêne sont les principaux réflexes à retenir. Prendre soin de sa prostate ne consiste pas à chercher à prévenir ou à traiter seul une pathologie, mais à mieux connaître son corps et à consulter lorsque des changements inhabituels apparaissent.

 

 

Références

1. Organisation Mondiale de la Santé. Ménopause.

2. INSERM. Ménopause.

3. Freedman RR. Menopausal hot flashes: mechanisms, endocrinology, treatment. J Steroid Biochem Mol Biol. 2014 Jul;142:115-20. doi: 10.1016/j.jsbmb.2013.08.010. Epub 2013 Sep 4. PMID: 24012626; PMCID: PMC4612529.

4. Kalra B, Kalra S, Bhattacharya S, Dhingra A. Menopause distress: A person centered definition. J Pak Med Assoc. 2020 Dec;70(12(B)):2481-2483. PMID: 33475570.

5. Johnson A, Roberts L, Elkins G. Complementary and Alternative Medicine for Menopause. J Evid Based Integr Med. 2019 Jan-Dec;24:2515690X19829380. doi: 10.1177/2515690X19829380. PMID: 30868921; PMCID: PMC6419242.

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Florence Cartoux

Naturopathe

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