Articulation
Arthrose et alimentation : comment nourrir le cartilage ?
Valérie Delenne
09/07/2026
Introduction
Le cartilage est un tissu élastique et souple qui recouvre les os et les articulations. Il permet de transmettre et de répartir les charges lorsque les articulations sont sollicitées. Avec l’âge, le cartilage évolue naturellement et peut se dégrader progressivement. Cette usure apparaît souvent à partir de 45 à 50 ans, mais peut survenir plus tôt chez les personnes ayant subi des fractures ou pratiquant une activité sportive intense.
Qu’est ce que le cartilage hyalin – définition et composition ?
Le cartilage hyalin recouvre les surfaces osseuses des articulations. Il favorise la fluidité des mouvements grâce à ses propriétés amortissantes et à son faible coefficient de frottement.
Arthrose et alimentation : comment nourrir le cartilage et les tendons ?
Le rôle du cartilage dans les mouvements : un élément essentiel des articulations
Le cartilage est un tissu souple et résistant composé de 70 à 80 % d’eau, de fibres de collagène, d’acide hyaluronique et de protéoglycanes (glucosamine et chondroïtine).
Sans lui, les mouvements seraient moins fluides, car les os entreraient directement en contact les uns avec les autres.
Son usure est un phénomène naturel lié au vieillissement, mais plusieurs facteurs peuvent également y contribuer : prédisposition génétique, accumulation de microtraumatismes, gestes répétitifs, excès de poids ou encore habitudes alimentaires.
Lorsque le cartilage s’altère, les frottements entre les surfaces articulaires augmentent progressivement, pouvant entraîner des gênes, une diminution de la mobilité ou un inconfort au quotidien.
Qu’est-ce que les chondrocytes ?
Les chondrocytes sont les cellules caractéristiques du cartilage. Elles possèdent un noyau arrondi et participent à la production des principaux constituants de ce tissu, notamment le collagène et les protéoglycanes.
De forme généralement ronde, elles mesurent entre 20 et 40 micromètres de diamètre.
Cartilage endommagé : est-ce une fatalité ?
Est-il possible de réparer les cartilages articulaires ?
Des recherches récentes ont mis en évidence certains mécanismes de renouvellement du cartilage.
En 2005, des chercheurs suédois ont demandé à des patients présentant un risque de développer une arthrose du genou de pratiquer des exercices réguliers et modérés. Les résultats ont montré une augmentation des glycosaminoglycanes, un constituant important du cartilage (2).
En 2006, une étude menée pendant deux ans auprès de 325 participants a observé des évolutions du cartilage du genou chez 37 % des sujets.
En 2019, des chercheurs américains ont décrit plus précisément certains mécanismes impliqués dans le renouvellement du cartilage. Ces travaux montrent que ce tissu possède certaines capacités d’adaptation, même si ce processus reste lent et complexe.
Il est important de rappeler que ces résultats ne signifient pas qu’il est aujourd’hui possible de restaurer rapidement un cartilage altéré, mais ils ouvrent des pistes de recherche prometteuses.
Comment accompagner le maintien du cartilage des mains et des genoux ?
Les recherches actuelles montrent que le cartilage possède certaines capacités d’adaptation. Les chondrocytes, cellules caractéristiques de ce tissu, participent à la production de collagène et de chondroïtine, deux constituants essentiels de sa structure.
À ce jour, il n’existe toutefois pas de solution permettant de stopper complètement l’usure du cartilage. En revanche, différentes approches médicales font l’objet de recherches afin de soutenir son fonctionnement ou d’accompagner sa réparation dans certaines situations, notamment :
- l’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) ;
- l’injection de tissu amniotique.
La greffe de cartilage constitue également une piste explorée par les équipes médicales spécialisées, même si cette technique reste réservée à des indications bien précises. Selon les situations, elle peut consister à utiliser un greffon provenant d’un donneur, à prélever un fragment de cartilage sur une zone saine de l’articulation ou encore à cultiver des chondrocytes autologues (ACI) avant leur réimplantation.
Que vaut la transplantation cartilage autologue ?
L’autogreffe cartilagineuse fait partie des techniques chirurgicales développées pour la prise en charge de certaines lésions cartilagineuses localisées. Elle peut être proposée, après évaluation médicale, dans le cadre de lésions traumatiques ou d’une usure prématurée chez certains patients, notamment les sportifs.
Cette intervention consiste à prélever des cellules cartilagineuses, à les multiplier en laboratoire, puis à les réimplanter au niveau de la zone concernée.
Cette technique répond cependant à des critères précis, parmi lesquels :
- des défauts profonds du cartilage de 2 à 6 cm² ;
- des lésions cartilagineuses plus étendues pouvant atteindre 10 cm² dans certains cas ;
- un âge généralement compris entre 16 et 55 ans.
Arthrose et alimentation : comment soutenir naturellement le confort articulaire ?
Quels aliments privilégier pour préserver le cartilage ?
Quels aliments sont à limiter ou à éviter ?
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, il est généralement recommandé de privilégier les aliments riches en composés antioxydants et en nutriments participant au bon fonctionnement de l’organisme.
À l’inverse, une consommation excessive de viande rouge et de sucres raffinés est souvent associée à une alimentation moins favorable à l’équilibre métabolique. Ces aliments peuvent contribuer à entretenir un terrain inflammatoire chez certaines personnes.
Les aliments frits, riches en oméga-6, sont également à consommer avec modération. Il en va de même pour les aliments à index glycémique élevé, tels que certaines pommes de terre, les produits sucrés ou les préparations très raffinées. Une consommation importante de ces aliments peut favoriser un déséquilibre nutritionnel.
Le mode de cuisson mérite également une attention particulière. Les cuissons très élevées favorisent la formation de composés issus de la glycation. Privilégier une cuisson douce ou à la vapeur permet de mieux préserver les qualités nutritionnelles des aliments.
Enfin, une consommation excessive d’alcool peut avoir un impact défavorable sur l’état de santé général et s’intègre difficilement dans une démarche de préservation du confort articulaire.
Arthrose et alimentation : quels fruits privilégier ?
Le régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, huile d’olive, légumineuses et poissons, est régulièrement étudié pour ses bénéfices dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
Les fruits rouges ainsi que les fruits riches en minéraux apportent naturellement des polyphénols et d’autres composés antioxydants qui participent à la protection des cellules contre le stress oxydatif.
Associée à une alimentation variée, une activité physique régulière et adaptée contribue également au maintien de la mobilité, de la force musculaire et du confort des articulations.
Nourrir le cartilage par les plantes
Le curcuma est une plante largement étudiée en raison de sa teneur en curcumine (4). Les recherches s’intéressent à son rôle dans les mécanismes inflammatoires, même si les résultats doivent être interprétés avec prudence et ne remplacent pas une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.
Le gingembre fait également l’objet de nombreuses études concernant le confort articulaire et musculaire (5). Il peut s’intégrer à une alimentation variée dans une démarche globale d’hygiène de vie.
Comment favoriser le confort des articulations avec les compléments alimentaires ?
Parmi les plantes traditionnellement utilisées pour le confort articulaire, l’harpagophytum, aussi appelé « griffe du diable », est régulièrement cité dans la littérature scientifique (6).
Cette plante est étudiée pour son utilisation dans le cadre du confort des articulations, des muscles et des tendons. Elle est le plus souvent proposée sous forme de complément alimentaire.
Il est toutefois important de rappeler que les compléments alimentaires ne permettent pas de traiter une pathologie ni de remplacer un traitement prescrit par un professionnel de santé. Ils peuvent, selon les situations, s’intégrer dans une démarche globale d’hygiène de vie, en complément d’une alimentation équilibrée.
En cas de douleurs persistantes, d’apparition d’un gonflement, d’une perte importante de mobilité ou de symptômes qui s’aggravent, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un diagnostic adapté.
Conclusion
Pendant de nombreuses années, la médecine considérait que le cartilage possédait une faible capacité d’adaptation. Les recherches récentes permettent aujourd’hui de mieux comprendre ses mécanismes biologiques et ouvrent de nouvelles perspectives, sans pour autant constituer une solution définitive contre l’usure articulaire. En parallèle, l’adoption d’une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique régulière et le maintien d’une bonne hygiène de vie constituent des leviers essentiels pour favoriser le confort articulaire et préserver la mobilité au quotidien. Les conseils présentés dans cet article ont une vocation informative et éducative. Ils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ni un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire. Avant de modifier votre alimentation ou d’intégrer un complément alimentaire, notamment en cas de maladie chronique, de grossesse ou de prise de médicaments, il est recommandé de demander conseil à un professionnel de santé.
Références
1. Woolf, A.D., & Pfleger, B. (2003). Burden of major musculoskeletal conditions. Bulletin of the World Health Organization, 81(9), 646-656.
2. Roos, E. M., Dahlberg, L. (2005). Positive effects of moderate exercise on glycosaminoglycan content in knee cartilage: A four-month, randomized, controlled trial in patients at risk of osteoarthritis. Arthritis & Rheumatism, 52(11), 3507-3514.
3. ANSES (2019). Évaluation des risques liés à la consommation de suppléments alimentaires contenant de la glucosamine et/ou de la chondroïtine sulfate.
4. Aggarwal, B. B., & Harikumar, K. B. (2009). Potential therapeutic effects of curcumin, the anti-inflammatory agent, against neurodegenerative, cardiovascular, pulmonary, metabolic, autoimmune and neoplastic diseases. The International Journal of Biochemistry & Cell Biology, 41(1), 40-59.
5. Black, C. D., Herring, M. P., Hurley, D. J., & O’Connor, P. J. (2010). Ginger (Zingiber officinale) reduces muscle pain caused by eccentric exercise. The Journal of Pain, 11(9), 894-903.
6. Chrubasik, S., Zimpfer, C., Schütt, U., & Ziegler, R. (1996). Effectiveness of Harpagophytum procumbens in treatment of acute low back pain. Phytomedicine, 3(1), 1-10.
Valérie Delenne
Naturopathe
Valérie Delenne, certifiée praticien de santé naturopathe en 2009 auprès de la FENA*, et membre de l’OMNES*, elle suit un cursus en 2011...