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Confort urinaire

Traitement de l’incontinence urinaire chez la femme âgée

Valérie Delenne

20/02/2025

Introduction

L’incontinence urinaire se caractérise par une fuite urinaire involontaire. Ce trouble gênant est fréquent chez la femme âgée, mais reste encore relativement tabou. Pourtant, il peut avoir un impact important sur la qualité de vie et l’estime de soi. La prise en charge de l’incontinence urinaire varie selon les causes, le type de fuites et les symptômes associés. Elle doit être évaluée par un médecin traitant, un urologue, un gynécologue ou un professionnel de santé formé à ces troubles. Chez les personnes âgées, l’affaiblissement des muscles du plancher pelvien peut favoriser les pertes d’urine involontaires. L’incontinence urinaire chez la femme peut également être influencée par différents facteurs comme la ménopause, certaines maladies chroniques, la mobilité réduite ou encore le stress.

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Incontinence urinaire chez la femme âgée : les chiffres

L’incontinence urinaire affecte jusqu’à 55 % des femmes de plus de 60 ans (1). Au-delà, ce sont de nombreuses femmes qui peuvent être concernées, mais seule une partie d’entre elles en parle avec leur médecin.

Il existe plusieurs formes d’incontinence urinaire, notamment l’incontinence par impériosité et l’incontinence d’effort. Les femmes âgées peuvent parfois présenter une association de ces deux formes, appelée incontinence mixte.

Ce phénomène peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie : gêne dans les activités quotidiennes, inconfort cutané, limitation des sorties, peur des fuites, isolement social, troubles du sommeil ou baisse de moral. Chez certaines personnes âgées, il peut également contribuer à augmenter le risque de chutes lorsqu’elles se précipitent aux toilettes.

02.

Quelles sont les causes de l’incontinence chez la femme âgée ?

Le vieillissement constitue un facteur important des gênes urinaires, mais il n’est pas la seule cause. D’autres éléments sont à considérer selon le type de fuites urinaires rencontrées.

A. Incontinence par impériosité ou incontinence d’urgence

L’incontinence par impériosité se traduit par un besoin urgent et difficile à retenir d’uriner, pouvant entraîner une perte involontaire d’urine. Chez la femme âgée, cette forme de fuite urinaire peut notamment être associée à :

  • une hyperactivité vésicale (2) ;
  • une infection urinaire ;
  • la présence de calculs ;
  • la présence d’une sonde ;
  • certaines maladies neurologiques ;
  • des troubles cognitifs ou une perte d’autonomie.

D’autres situations, comme un rétrécissement de l’urètre, une tumeur ou certaines maladies neurologiques telles que la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson, peuvent également être impliquées. Un avis médical est nécessaire pour identifier la cause et éviter de passer à côté d’un trouble sous-jacent.

B. Incontinence d’effort

L’incontinence d’effort se caractérise par une fuite urinaire involontaire lors d’un effort : rire, toux, éternuement, soulèvement de charges, activité physique ou changement de position.

Chez la femme âgée, ce type de fuite peut être favorisé par une diminution du tonus du plancher pelvien, par les modifications hormonales liées à la ménopause ou par un prolapsus génital, appelé communément descente d’organes. Chez la femme, cette pathologie correspond au glissement d’un ou de plusieurs organes pelviens vers le vagin.

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C. Incontinence par regorgement

Une vessie qui ne se vide pas correctement, un diabète, certains troubles neurologiques ou certains médicaments peuvent favoriser une incontinence urinaire par regorgement chez une personne âgée. Ce type de fuite peut se manifester par des envies fréquentes, des pertes urinaires, une sensation de vidange incomplète ou des fuites au lever.

Cette situation nécessite une évaluation médicale, car elle peut être liée à une rétention urinaire ou à un obstacle à l’écoulement de l’urine.

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Est-ce que l’incontinence urinaire par impériosité se soigne ?

L’incontinence urinaire par impériosité peut faire l’objet d’une prise en charge adaptée, selon son origine et son retentissement au quotidien (3). Le professionnel de santé cherche d’abord à comprendre le type de fuite urinaire dont souffre la patiente grâce à un interrogatoire et, si nécessaire, à des examens complémentaires.

L’évaluation tient compte de plusieurs éléments : fréquence des fuites, circonstances d’apparition, intensité des envies d’uriner, mode de vie, antécédents médicaux, traitements en cours, mobilité, autonomie et présence éventuelle de douleurs ou de brûlures urinaires.

Ces informations permettent de proposer une approche adaptée, qui peut combiner conseils d’hygiène de vie, rééducation, accompagnement comportemental et, dans certains cas, médicaments prescrits par un professionnel de santé.

A. La thérapie comportementale

La thérapie comportementale repose sur une meilleure organisation des mictions et sur des gestes à adopter en cas d’envie pressante. Elle vise à aider la personne à mieux comprendre son rythme urinaire et à limiter les comportements d’anticipation excessifs, comme aller aux toilettes “par précaution” trop fréquemment.

Cette approche peut aider la patiente à prendre conscience des délais et de la fréquence des mictions. Elle peut aussi contribuer à réduire l’anxiété liée à la peur des fuites, qui peut parfois accentuer l’inconfort urinaire.

B. Anticholinergique : quel médicament peut être proposé en cas de vessie hyperactive ?

Certains médicaments anticholinergiques, comme ceux à base de solifénacine, peuvent être prescrits par un médecin en cas d’hyperactivité vésicale. Ils agissent sur les contractions de la vessie et peuvent être envisagés lorsque les mesures comportementales ne suffisent pas ou en complément de celles-ci.

Dans certains cas, le médecin peut aussi proposer un médicament antispasmodique non anticholinergique. Le choix dépend de l’état général de la patiente, de ses antécédents, de ses autres traitements et de la tolérance attendue.

Chez les personnes âgées, une attention particulière est nécessaire, car les effets indésirables peuvent être plus fréquents : sécheresse buccale, constipation, rougeurs du visage, rétention d’urine, troubles de la vision, maux de tête, anxiété ou confusion. Il est donc important de ne pas commencer, modifier ou arrêter un traitement sans avis médical.

04.

Comment arrêter les fuites urinaires et prendre en charge l’incontinence chez la personne âgé ?

Il existe différentes approches pour mieux vivre avec les fuites urinaires et améliorer le confort au quotidien. Elles dépendent du type d’incontinence, de l’âge, de l’autonomie, de la gêne ressentie et des éventuelles maladies associées. La chirurgie n’est pas systématique et de nombreuses solutions peuvent d’abord être discutées avec un professionnel de santé.

A. Les injections de toxine botulinique

Chez certaines patientes, des injections de toxine botulinique dans le muscle de la vessie peuvent être proposées en cas d’incontinence par impériosité sévère ou d’hyperactivité vésicale résistante aux autres approches (4). Cette option est généralement envisagée après échec ou insuffisance des mesures comportementales et des traitements médicamenteux.

L’effet peut durer plusieurs mois, mais cette approche nécessite un suivi médical. Elle peut notamment exposer à un risque de rétention d’urine et, dans certains cas, nécessiter un apprentissage de l’autosondage pour vider correctement la vessie.

B. L’électromodulation ou électrostimulation peut-elle aider en cas de fuite urinaire ?

La stimulation électrique, ou électrostimulation, peut être proposée dans certaines situations, notamment lorsque l’hyperactivité vésicale est invalidante et ne répond pas suffisamment aux premières mesures mises en place.

Selon les cas, il peut s’agir d’une électrostimulation non invasive ou d’une neuromodulation réalisée sous contrôle médical. Cette dernière consiste à implanter une électrode à proximité d’un nerf impliqué dans le fonctionnement de la vessie. L’électrode est reliée à un boîtier placé sous la peau.

Cette approche concerne des situations précises et doit être discutée avec un spécialiste.

C. Les applications locales d’œstrogènes

Chez une femme ménopausée présentant des symptômes urinaires ou génito-urinaires liés à la baisse des œstrogènes, des applications locales d’œstrogènes peuvent être proposées par un professionnel de santé (5). Elles peuvent contribuer à améliorer le confort local, la trophicité des tissus et certains symptômes associés à la ménopause.

Ce mode d’administration est local, mais il doit tout de même être encadré par un avis médical, notamment en cas d’antécédents particuliers. Il peut être associé à une rééducation périnéale lorsque celle-ci est indiquée.

05.

Comment gérer et traiter l’incontinence par regorgement d’une personne âgée ?

L’incontinence par regorgement peut être liée à une vessie qui se vide mal ou à un obstacle à l’écoulement de l’urine. Chez la femme, elle peut notamment être associée à un prolapsus, un fibrome, une tumeur utérine, certains troubles neurologiques ou certains médicaments.

Dans tous les cas, il est important de rechercher la cause avec un professionnel de santé. Une prise en charge adaptée peut inclure des exercices du plancher pelvien, une rééducation vésicale, une adaptation des habitudes de vie ou des aménagements de l’environnement.

Des protections et accessoires peuvent aussi aider à préserver le confort au quotidien : sous-vêtements absorbants, protections adaptées, alèses pour le lit, pessaires ou dispositifs de soutien dans certains cas. Ces solutions ne corrigent pas la cause des fuites, mais elles peuvent aider la personne à se sentir plus à l’aise, plus autonome et plus en sécurité.

Il est également recommandé d’adapter le lieu de vie de la patiente âgée en facilitant l’accès aux toilettes : éclairage de nuit, chemin dégagé, toilettes surélevées, vêtements faciles à retirer, fauteuil garde-robe si nécessaire. Une aide à domicile peut aussi être envisagée pour préserver l’autonomie et faciliter le maintien à domicile malgré les troubles urinaires.

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Comment traiter et soigner naturellement les problèmes urinaires ?

Certaines solutions non pharmacologiques peuvent améliorer le quotidien des femmes âgées concernées par l’incontinence urinaire. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un suivi médical, mais peuvent contribuer à limiter les facteurs déclencheurs et à soutenir le confort urinaire.

A. Les exercices préconisés en cas d’incontinence d’effort liée à la ménopause

La rééducation périnéale ou périnéosphinctérienne fait partie des approches non pharmacologiques les plus souvent proposées en cas d’incontinence d’effort ou d’incontinence mixte. Elle peut également être conseillée en complément d’autres mesures en cas d’incontinence d’urgence.

Cette rééducation vise à renforcer les muscles du plancher pelvien, à améliorer la perception du périnée et à aider la femme à mieux contrôler certains efforts du quotidien. Elle peut être réalisée avec l’accompagnement d’un kinésithérapeute ou d’une sage-femme formée.

L’utilisation de dispositifs comme les cônes vaginaux ou les boules de rééducation peut parfois être proposée, mais elle doit être adaptée à chaque personne et utilisée avec prudence, surtout chez la femme âgée. Un avis professionnel est préférable avant de les utiliser.

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B. D’autres solutions naturelles contre les fuites urinaires

En plus des exercices visant à améliorer le tonus du périnée, certaines habitudes peuvent être mises en place au quotidien afin de limiter les facteurs favorisant les fuites urinaires. Il est recommandé de :

  • limiter les excitants comme le café, le thé fort, l’alcool ou le tabac ;
  • éviter les plats très acides ou très épicés s’ils aggravent les symptômes ;
  • éviter le port répété de charges lourdes ;
  • maintenir un poids adapté ;
  • consommer des aliments riches en fibres pour prévenir la constipation ;
  • boire suffisamment dans la journée, sans excès ni restriction injustifiée ;
  • répartir les apports en eau au fil de la journée ;
  • garder un accès facile et sécurisé aux toilettes.
  • Boire moins pour éviter les fuites n’est généralement pas une bonne solution, car cela peut concentrer les urines, irriter la vessie et augmenter le risque d’infection urinaire. L’objectif est plutôt d’adapter les apports hydriques et les habitudes selon les besoins de la personne.
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Infection urinaire et fuites : quand demander conseil ?

La cystite fait partie des causes possibles d’une incontinence urinaire temporaire (6). Cette infection urinaire localisée au niveau de la vessie peut se traduire par un besoin urgent d’uriner, de petites quantités d’urine, des brûlures lors de la miction, des douleurs dans le bas-ventre ou une urine trouble.

Chez la femme âgée, une infection urinaire peut parfois se manifester de façon moins typique, avec une fatigue inhabituelle, une confusion, une perte d’appétit ou une aggravation brutale des fuites. Un avis médical est recommandé en cas de doute.

Le traitement d’une cystite repose généralement sur des antibiotiques lorsque l’infection est confirmée. Certaines solutions à base de plantes ou d’huiles essentielles sont disponibles sans ordonnance pour accompagner le confort urinaire, mais elles ne remplacent pas une prise en charge médicale en cas d’infection avérée.

L’automédication n’est pas sans risque, notamment chez les personnes âgées ou en cas de traitements déjà en cours. Il est donc préférable de demander conseil à un pharmacien ou à un médecin avant d’utiliser un produit, même naturel.

Il faut consulter rapidement en cas de fièvre, douleurs lombaires, sang dans les urines, impossibilité d’uriner, confusion soudaine, aggravation rapide des symptômes ou fuites urinaires apparues brutalement.

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Conclusion

L’incontinence urinaire correspond à une perte involontaire d’urine. Chez la femme âgée, elle est fréquente et peut prendre plusieurs formes : incontinence d’effort, incontinence par impériosité, incontinence mixte ou incontinence par regorgement.

Le vieillissement peut favoriser ce trouble, mais d’autres facteurs peuvent intervenir : ménopause, affaiblissement du plancher pelvien, diabète, troubles neurologiques, infections urinaires, médicaments, prolapsus ou perte d’autonomie.

Même si ce sujet reste parfois difficile à aborder, il est important d’en parler à un professionnel de santé. Une évaluation permet d’identifier le type d’incontinence et de proposer une prise en charge adaptée. Selon les situations, celle-ci peut inclure des conseils d’hygiène de vie, une rééducation périnéale, une thérapie comportementale, des protections adaptées, des aménagements du domicile ou des traitements médicaux encadrés.

Des habitudes simples peuvent aussi contribuer à améliorer le confort au quotidien : boire régulièrement, prévenir la constipation, limiter les excitants, faciliter l’accès aux toilettes et pratiquer des exercices adaptés lorsque cela est indiqué. L’objectif est d’aider la personne âgée à préserver son autonomie, sa dignité et sa qualité de vie.

Références

1. Coyne, K. S., Sexton, C. C., Vats, V., Thompson, C., Kopp, Z. S., & Milsom, I. (2011). National community prevalence of overactive bladder in the United States stratified by sex and age. Urology, 77(5), 1081-1087.

2. Resnick, N. M., & Yalla, S. V. (1987). Detrusor hyperactivity with impaired contractile function. An unrecognized but common cause of incontinence in elderly patients. JAMA, 257(22), 3076-3081.

3. Gormley, E. A., Lightner, D. J., Burgio, K. L., et al. (2012). Diagnosis and treatment of overactive bladder (non-neurogenic) in adults: AUA/SUFU guideline. The Journal of Urology, 188(6), 2455-2463.

4. Visco, A. G., Brubaker, L., Richter, H. E., et al. (2012). Anticholinergic therapy vs. onabotulinumtoxinA for urgency urinary incontinence. The New England Journal of Medicine, 367(19), 1803-1813.

5. Robinson, D., & Cardozo, L. (2003). The role of estrogens in female lower urinary tract dysfunction. Urology, 62(4), 45-51.

6. Hooton, T. M. (2012). Uncomplicated urinary tract infection. The New England Journal of Medicine, 366(11), 1028-1037.

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Valérie Delenne

Naturopathe

Valérie Delenne, certifiée praticien de santé naturopathe en 2009 auprès de la FENA*, et membre de l’OMNES*, elle suit un cursus en 2011...

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