Traitement de l’incontinence urinaire chez la femme âgée

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Sommaire

L’incontinence urinaire se caractérise par une fuite urinaire involontaire. Ce trouble gênant est fréquent chez la femme âgée, mais reste relativement tabou. Pourtant, il impacte la qualité de vie du malade et entraîne une baisse de l’estime de soi. Le traitement de l’incontinence urinaire varie en fonction des causes et des symptômes. Il revient au médecin traitant ou urologue de les évaluer. Chez les personnes âgées, les muscles du plancher pelvien s’affaiblissent entraînant des pertes d’urine involontaires. L’incontinence urinaire chez la femme peut être aggravé par des facteurs comme le stress ou la ménopause. 

I. Incontinence urinaire chez la femme âgée : les chiffres

L’incontinence urinaire affecte jusqu’à 55 % des femmes de plus de 60 ans (1). Au-delà, ce sont 9 femmes sur 10 qui sont touchées, mais seulement la moitié aborderait ce problème avec leur médecin. Il existe deux formes d’incontinence urinaire : incontinence par impériosité et incontinence par l’effort. Les femmes âgées développent souvent les deux types. Ce phénomène a un retentissement important sur leur qualité de vie : problèmes cutanés, chutes, fractures, isolement, dépression…).

II. Quelles sont les causes de l’incontinence chez la femme âgée ?

Le vieillissement constitue un facteur central des gênes urinaires, mais il n’est pas la seule cause. D’autres éléments sont en effet à considérer en fonction du type de fuites urinaires rencontrées.

A. Incontinence par impériosité ou incontinence d’urgence

Elle se traduit par un besoin impérieux et irrépressible d’uriner, entraînant une perte incontrôlée des urines. Chez la femme âgée, cette forme de fuite urinaire peut résulter de :

  • L’hyperactivité vésicale (2)
  • Le développement d’une infection
  • La présence de calculs
  • La présence d’une sonde

D’autres pathologies comme le rétrécissement de l’urètre, une tumeur ou une sclérose en plaques peuvent également expliquer une incontinence par impériosité. C’est aussi le cas des troubles cognitifs tels que la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

B. Incontinence d’effort

L’incontinence d’effort se caractérise par une fuite urinaire involontaire après un effort : rire, toux, éternuement, soulèvement de charges… Ce problème de fuite urinaire chez la femme âgée est lié à une carence en œstrogène qui arrive généralement à la ménopause. Un prolapsus génital appelé communément descente d’organes peut également en être la cause. Chez la femme, cette pathologie se traduit par glissement dans le vagin, d’un ou plusieurs organes pelviens.

C. Incontinence par regorgement

Une vessie distendue, le diabète ou un traitement médicamenteux peuvent être la source d’une incontinence urinaire par regorgement chez une personne âgée. Ce problème de fuite urinaire  se caractérise par des impériosités mictionnelles et des fuites urinaires au lever.

III. Est-ce que l’incontinence urinaire par impériosité se soigne ?

Une prise en charge complète est nécessaire pour traiter l’incontinence urinaire chez la femme âgée (3). Le professionnel de santé doit cerner le type de fuite urinaire dont souffre la patiente lors d’un interrogatoire. Ce dernier se base sur les manifestations au quotidien de ce problème urinaire (fréquence et intensité des fuites), le mode de vie et les antécédents médicaux de la patiente. Toutes ces données permettent de mettre en place un traitement adapté. Dans le cas des femmes âgées atteintes d’incontinence urinaire par impériosité, diverses solutions existent.

A. La thérapie comportementale

La thérapie comportementale repose sur une programmation des mictions et des gestes à adopter en cas d’envie pressante. Elle vise à apprendre au malade à mieux contrôler ses envies d’uriner. Cette forme de prise en charge aide la patiente à prendre conscience des délais et fréquences des mictions afin d’éviter les comportements anxieux ou phobiques qui risquent d’aggraver l’incontinence.

B. Anticholinergique : quel médicament prendre contre la vessie hyperactive ?

Un médicament anticholinergique de type solifénacine contient une substance capable de soulager la sensibilité et l’hyperactivité vésicale. Il peut être prescrit d’emblée, après l’échec d’un traitement comportemental ou en simultané. En plus du médicament anticholinergique, le médecin peut aussi prescrire un médicament antispasmodique non anticholinergique dans le cas de l’incontinence par impériosité.

Les effets des médicaments se font réellement ressentir au bout de 5 à 8 semaines de traitement, d’où l’intérêt de ne pas l’interrompre plus tôt. Il faut cependant souligner que des effets indésirables sont fréquents chez les personnes âgées, entre autres une sécheresse buccale, une constipation, des rougeurs du visage, une rétention d’urine, des troubles de la vision, des maux de tête, de l’anxiété, etc.

IV. Comment arrêter les fuites urinaires chez un sujet âgé ?

Il existe diverses solutions permettant d’arrêter les fuites d’urines en fonction du type d’incontinence, et ce, sans passer par la case chirurgie.

A. Les injections de toxine botulinique

Chez certains patients, des injections de toxine botulinique directement dans le muscle de la vessie peuvent s’avérer la meilleure solution en cas d’incontinence par impériosité (4). Ce traitement est préconisé si la thérapie comportementale et les médicaments anticholinergiques ont échoué. L’effet d’une injection de toxine botulinique dure entre 6 à 9 mois. Il convient toutefois de souligner qu’elle peut induire une rétention d’urine, nécessite donc un autosondage pour vider la vessie.

B. L’électromodulation (électrostimulation) est-elle efficace contre la fuite urinaire ?

La musculation du périnée par électrostimulation ou l’électrostimulation non invasive est souvent prescrite chez les femmes âgées atteintes d’hyperactivité vésicale réfractaire et invalidante. Cette option thérapeutique consiste à implanter une électrode à proximité du nerf qui stimule la contraction de la vessie. L’électrode est reliée à un boîtier placé sous la peau.

C. Les applications locales d’estrogènes

Chez une personne atteinte d’incontinence d’effort liée à la ménopause, il est possible de combler le taux d’œstrogène manquant via des applications locales d’estrogènes (5). Ce traitement aide à améliorer la pression dans l’urètre, la tonicité des muscles du bassin et à détendre la vessie durant la phase de remplissage. Ce mode d’administration présente l’avantage de ne pas causer des effets indésirables. Il est prescrit pendant 2 mois et est associé à la rééducation périnéale.

V. Comment gérer et traiter l’incontinence par regorgement d’une personne âgée ?

Une obstruction urétérale est l’une des principales causes de l’incontinence par regorgement. Fréquente chez les hommes, elle touche aussi les femmes. Ce problème urinaire peut aussi résulter d’un prolapsus, d’un fibrome ou d’une tumeur utérine. Dans tous les cas, une approche conservatrice permet d’atténuer, voire d’enrayer les incontinences urinaires : des exercices du plancher pelvien, une rééducation vésicale, l’adaptation de l’environnement… En pharmacie ou en grande surface se trouvent des accessoires pour l’incontinence comme des sous-vêtements, des alèses pour le lit ou encore de pessaires ou cônes qui permettent de se sentir à l’aise et au sec.

Il est aussi recommandé d’adapter le lieu de vie de la patiente âgée en facilitant par exemple l’accès aux toilettes. Une aide à domicile peut s’avérer nécessaire pour préserver son autonomie et rester à domicile malgré ses problèmes d’incontinence.

VI. Comment soigner naturellement les problèmes urinaires ?

Il existe des solutions non pharmacologiques qui améliorent le quotidien des femmes âgées atteintes d’incontinence urinaire. Un changement de mode de vie permet entre autres de soulager les symptômes et de limiter les facteurs déclencheurs. Voici des solutions naturelles pour l’incontinence urinaire.

A. Les exercices préconisés en cas d’incontinence d’effort liée à la ménopause

La rééducation périnéale ou périnéosphinctérienne figure parmi les solutions naturelles, non pharmacologiques, contre l’incontinence urinaire chez la femme âgée. Elle est préconisée chez les patientes atteintes d’incontinence d’effort ou mixte, mais peut aussi être prescrite en complément des médicaments anticholinergiques en cas d’incontinence urinaire d’urgence. L’utilisation de boules de geisha s’avère également une solution alternative en cas de fuites urinaires d’effort. Le but de ces thérapies alternatives est d’aider la femme à travailler les muscles de son périnée pour que celui-ci retrouve sa tonicité.

B. D’autres solutions naturelles contre les fuites urinaires

En plus de la pratique d’exercices visant à améliorer le tonus des muscles du périnée, certaines habitudes peuvent être mises en place au quotidien afin de prévenir les symptômes de l’incontinence urinaire. Il est recommandé de :

VII. Prise en charge d’une infection urinaire : quel médicament sans ordonnance ?

La cystite fait aussi partie des causes d’une incontinence urinaire temporaire (6). Cette infection urinaire localisée au niveau de la vessie se traduit par un besoin urgent d’uriner, mais avec une faible quantité d’urine, accompagné par une vive sensation de brûlure lors de la miction.

Le traitement d’une cystite est basé sur la prise d’antibiotiques, mais il existe des solutions alternatives à base d’huiles essentielles ou de plantes disponibles sans ordonnance pour faire disparaître les symptômes si le diagnostic est déjà confirmé. Attention, l’automédication n’est pas sans risque. Il faut toujours demander le conseil d’un pharmacien ou de lire attentivement la notice.

Conclusion

L’incontinence urinaire se caractérise par des contractions involontaires de la vessie causant l’incapacité de contrôler vos mictions. Elle se traduit par un besoin fréquent et pressant d’aller aux toilettes qui peut être associé à des fuites d’urine. Chez la femme âgée, ce trouble est fréquent. Le vieillissement est un facteur aggravant, mais d’autres facteurs favorisent ce problème comme la ménopause, le stress, le diabète, les troubles neurologiques, etc. Heureusement, il existe des médicaments anticholinergiques et des traitements alternatifs (thérapie comportementale, exercices périnéales, stimulation électrique de la vessie…), permettant de prévenir et de soulager les symptômes pour assurer une meilleure qualité de vie.

Références

1. Coyne, K. S., Sexton, C. C., Vats, V., Thompson, C., Kopp, Z. S., & Milsom, I. (2011). National community prevalence of overactive bladder in the United States stratified by sex and age. Urology, 77(5), 1081-1087.

2. Resnick, N. M., & Yalla, S. V. (1987). Detrusor hyperactivity with impaired contractile function. An unrecognized but common cause of incontinence in elderly patients. JAMA, 257(22), 3076-3081.

3. Gormley, E. A., Lightner, D. J., Burgio, K. L., et al. (2012). Diagnosis and treatment of overactive bladder (non-neurogenic) in adults: AUA/SUFU guideline. The Journal of Urology, 188(6), 2455-2463.

4. Visco, A. G., Brubaker, L., Richter, H. E., et al. (2012). Anticholinergic therapy vs. onabotulinumtoxinA for urgency urinary incontinence. The New England Journal of Medicine, 367(19), 1803-1813.

5. Robinson, D., & Cardozo, L. (2003). The role of estrogens in female lower urinary tract dysfunction. Urology, 62(4), 45-51.

6. Hooton, T. M. (2012). Uncomplicated urinary tract infection. The New England Journal of Medicine, 366(11), 1028-1037.

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