Confort urinaire
Quels sont les troubles urinaires chez les hommes ?
Valérie Delenne
06/07/2026
Introduction
Les troubles urinaires chez l’homme sont fréquents, en particulier avec l’avancée en âge, et peuvent altérer significativement la qualité de vie. Leurs causes sont multiples et peuvent être liées à la prostate, à la vessie, à l’urètre ou plus rarement aux reins ou au système nerveux. Après 50 ans, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) constitue l’une des principales causes de troubles urinaires chez l’homme. Ces troubles peuvent provoquer une gêne au quotidien, perturber le sommeil et, lorsqu’ils ne sont pas pris en charge, favoriser certaines complications comme les infections urinaires, la rétention d’urine ou, plus rarement, une altération de la fonction rénale.
Dysurie, nycturie, mictions fréquentes ou encore urine incontinente : quels sont les troubles urinaires chez l’homme ?
Les troubles urinaires chez l’homme peuvent se manifester par divers symptômes touchant la phase de remplissage ou de vidange de la vessie. Ils sont fréquemment associés à une hypertrophie bénigne de la prostate , mais peuvent également être liés à une infection urinaire, une inflammation, un calcul urinaire , certaines maladies neurologiques ou encore à la prise de certains médicaments.
Les principaux signes des troubles urinaires chez l’homme sont notamment :
- La dysurie : difficulté à uriner, avec un jet faible.
- La nycturie : des réveils nocturnes fréquents pour uriner.
- La pollakiurie : des envies fréquentes d’uriner, et ce, en petite quantité.
- L’urgence mictionnelle : un besoin soudain et pressant d’uriner, pouvant parfois s’accompagner de fuites urinaires.
- L’incontinence urinaire : des pertes involontaires d’urine pouvant être causées par un effort, à une urgenterie ou par un regorgement de la vessie.
- Les gouttes retardataires : quelques gouttes d’urine persistent après la fin de la miction, un symptôme fréquent chez les hommes présentant une HBP.
- La sensation de vidange incomplète : une sensation de vessie n’étant pas complètement vide après la miction.
Ces troubles peuvent être isolés ou associés. Même s’ils sont souvent liés à une hypertrophie bénigne de la prostate chez l’homme de plus de 50 ans, ils justifient une consultation médicale afin d’en identifier la cause et de mettre en place une prise en charge adaptée. Selon le diagnostic, celle-ci peut associer des mesures hygiéno-diététiques, des traitements médicamenteux, des compléments alimentaires, voire une intervention chirurgicale dans certaines situations.
Quelles sont les causes des troubles urinaires et problèmes de vessie chez l’homme ?
Les troubles urinaires chez l’homme peuvent avoir de multiples causes et concerner la vessie, la prostate, l’urètre ou encore le système nerveux. Ils peuvent être temporaires ou s’installer progressivement avec l’âge. Un examen médical est indispensable afin d’identifier leur origine et de mettre en place une prise en charge adaptée.
Ainsi, parmi les principales causes des troubles urinaires chez l’homme, il existe notamment :
- L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) : fréquente après 50 ans, elle correspond à une augmentation du volume de la prostate qui comprime progressivement l’urètre prostatique. Elle peut entraîner un jet urinaire faible, des difficultés à uriner, des envies fréquentes d’uriner, une nycturie ou encore une sensation de vidange incomplète de la vessie.
- La prostatite : inflammation aiguë ou chronique de la prostate, d’origine bactérienne ou non, pouvant provoquer des douleurs pelviennes, des troubles urinaires, de la fièvre et une altération de l’état général.
- Les infections urinaires : plus rares chez l’homme que chez la femme, elles surviennent souvent en présence d’un facteur favorisant (hypertrophie de la prostate, calcul, sonde urinaire, anomalie des voies urinaires…). Elles se manifestent par des brûlures urinaires, une pollakiurie, une urgenturie et parfois la présence de sang dans les urines.
- La vessie hyperactive : contractions involontaires provoquant urgences et incontinence.
- Les calculs urinaires : provoquent une douleur intense, du sang dans les urines, obstruction ou dysurie.
- La sténose urétrale : rétrécissement de l’urètre, causant un jet faible, une vidange incomplète ou une incontinence par regorgement.
- Les maladies neurologiques : sclérose en plaques, Parkinson, AVC affectent le contrôle urinaire, causant incontinence ou rétention.
- Les cancers de la prostate ou vessie : provoquent des symptômes similaires à l’HBP, avec douleur et sang dans les urines.
- Les médicaments : diurétiques, anticholinergiques ou décongestionnants peuvent parfois provoquer des troubles urinaires.
- Facteurs de mode de vie : café, alcool, tabac, sédentarité aggravent les troubles, tandis qu’une bonne hydratation et activité physique les améliorent.
Toute gêne urinaire persistante doit être évaluée par un médecin ou un urologue. Selon la cause identifiée, la prise en charge peut associer des mesures hygiéno-diététiques, des traitements médicamenteux, des compléments alimentaires, une rééducation ou, dans certains cas, des techniques interventionnelles mini-invasives (vapeur d’eau, laser, énucléation…) ou une intervention chirurgicale.
Questions fréquentes sur les troubles urinaires chez l’homme
Découvrez les réponses aux questions fréquemment posées en termes de troubles urinaires chez l’homme :
Pourquoi j’urine souvent ?
L’envie fréquente d’uriner, ou le fait d’uriner en grande quantité, peut avoir plusieurs causes. Chez l’homme, cela peut être lié à une vessie hyperactive, une hypertrophie bénigne de la prostate (adénome prostatique), une infection urinaire ou la prise de certains médicaments comme les diurétiques. Ces situations entraînent des besoins urgents, parfois associés à des fuites urinaires ou à une incontinence urinaire.
Une augmentation du volume d’urine (polyurie) peut aussi être un symptôme du diabète (1) ou d’un syndrome d’apnée du sommeil, surtout si elle s’accompagne d’une nycturie (le fait de se lever la nuit pour uriner). La consommation de café, d’alcool ou certains aliments irritants peuvent également stimuler la vessie.
Dans cette situation, il se révèle essentiel de consulter un médecin ou un professionnel de santé pour un examen clinique et un interrogatoire précis, afin d’identifier l’origine des difficultés et d’obtenir une prise en charge adaptée.
Est-ce dangereux de trop uriner ?
Uriner plus souvent ou produire un volume d’urines inhabituellement élevé n’est pas toujours grave, mais ces symptômes ne doivent pas être banalisés lorsqu’ils persistent. Chez l’homme, ils peuvent révéler une hypertrophie bénigne de la prostate, une infection urinaire, une vessie hyperactive, un diabète, une maladie rénale ou, plus rarement, une pathologie neurologique. Une obstruction prolongée des voies urinaires, notamment en cas d’ hypertrophie bénigne de la prostate, peut empêcher la vessie de se vider correctement et conduire à une rétention urinaire. En l’absence de prise en charge, une rétention chronique peut favoriser les infections urinaires, la formation de calculs, une dilatation des voies urinaires (hydronéphrose) et, dans les cas les plus sévères, une altération progressive de la fonction rénale.
Comment soigner une infection urinaire chez l’homme ?
Contrairement à la femme, les infections urinaires sont relativement rares chez l’homme. Lorsqu’elles surviennent, elles nécessitent généralement un bilan médical afin d’en rechercher la cause, comme une hypertrophie bénigne de la prostate, un calcul urinaire, une anomalie des voies urinaires ou, plus rarement, une maladie sous-jacente. Le traitement repose le plus souvent sur une antibiothérapie adaptée au germe identifié après une analyse des urines (ECBU), associée, si nécessaire, au traitement de la cause responsable de l’infection.
Une bonne hydratation est également recommandée afin de favoriser le renouvellement des urines et le bon fonctionnement des voies urinaires, sauf contre-indication médicale.
Pendant la période de récupération, il est conseillé de boire suffisamment d’eau afin de favoriser l’élimination des bactéries par les voies urinaires, sauf contre-indication médicale.
Une prise en charge précoce permet généralement de traiter efficacement l’infection, de limiter le risque de récidive et de prévenir d’éventuelles complications.
Pourquoi j’ai envie d’uriner, mais rien ne sort ?
Ressentir une envie pressante d’uriner sans parvenir à vider sa vessie peut traduire une difficulté à évacuer les urines. Ce symptôme, parfois appelé ténesme vésical lorsqu’il persiste malgré une vessie peu remplie, est le plus souvent lié à une obstruction des voies urinaires ou à un trouble du fonctionnement de la vessie.
Les principales causes sont notamment :
- Une rétention urinaire aiguë : incapacité soudaine d’uriner, souvent liée à une obstruction sévère, comme une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) très volumineuse, un calcul urinaire, un caillot de sang, ou une prostatite aiguë. Cette situation constitue une urgence nécessitant un examen clinique rapide et souvent un drainage de la vessie par cathétérisme, parfois sous anesthésie locale.
- Sténose urétrale sévère : un rétrécissement important du canal de l’urètre dû à des infections répétées, des interventions chirurgicales ou des traumatismes, bloquant le passage de l’urine.
- Spasme vésical : contractions involontaires douloureuses de la vessie, empêchant l’évacuation de l’urine malgré l’envie.
- Certaines maladies neurologiques : la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou certaines atteintes neurologiques liées au diabète peuvent perturber le contrôle de la vessie et entraîner des difficultés à uriner.
Face à une impossibilité d’uriner, surtout si elle s’accompagne de douleurs importantes du bas-ventre, de fièvre ou de sang dans les urines, il est essentiel de consulter un médecin ou de se rendre rapidement dans un service d’urgence afin de bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Combien de fois par jour uriner ?
En moyenne, un adulte urine entre 4 et 8 fois par jour (3), avec généralement aucun à un réveil nocturne pour uriner. Cette fréquence peut varier selon plusieurs facteurs, notamment la quantité de liquide consommée, les habitudes de vie, l’activité physique, la température extérieure ou encore la consommation de café, de thé, d’alcool et d’autres boissons à effet diurétique.
Une fréquence supérieure à 8 mictions par jour, ou le fait de se lever plus d’une fois par nuit pour uriner (nycturie), peut toutefois traduire un trouble urinaire, notamment une hyperactivité vésicale, une hypertrophie bénigne de la prostate, une infection urinaire, un diabète ou encore la prise de certains médicaments comme les diurétiques.
Il est important de noter que des examens cliniques réalisés par un médecin ou un professionnel de santé permettront d’identifier l’origine des difficultés. Une évaluation précise, incluant un interrogatoire et parfois des analyses, est essentielle pour déterminer si la fréquence anormale d’uriner nécessite un traitement. Une bonne qualité de vie passe aussi par une gestion adaptée de ces symptômes urinaires.
Quelle différence entre trouble urinaire et infection urinaire ?
Les troubles urinaires regroupent l’ensemble des symptômes affectant le fonctionnement normal des voies urinaires chez l’homme. Ils peuvent concerner le remplissage de la vessie, son évacuation ou le contrôle de la miction. Parmi les symptômes les plus fréquents figurent la dysurie (difficulté à uriner), la pollakiurie (envies fréquentes d’uriner), la nycturie (réveils nocturnes pour uriner), les fuites urinaires, la rétention d’urine, un jet urinaire faible ou encore la sensation de vidange incomplète de la vessie.
Les troubles urinaires peuvent avoir de nombreuses causes, notamment une hypertrophie bénigne de la prostate, une vessie hyperactive, une sténose de l’urètre, certaines maladies neurologiques ou encore une infection urinaire.
En revanche, une infection urinaire est une cause spécifique de troubles urinaires. Elle correspond à la présence et à la multiplication de micro-organismes pathogènes, le plus souvent une bactérie comme Escherichia coli, au niveau des voies urinaires. Chez l’homme, l’infection peut toucher l’urètre, la vessie, la prostate (prostatite) ou, plus rarement, les reins.
Elle provoque une inflammation des voies urinaires pouvant se traduire par des brûlures lors de la miction, des envies fréquentes d’uriner, des douleurs pelviennes, la présence de sang dans les urines ou encore de la fièvre selon l’organe atteint.
Ainsi, l’infection urinaire constitue l’une des nombreuses causes possibles de troubles urinaires, mais tous les troubles urinaires ne sont pas liés à une infection.
Quelles sont les causes d’une infection urinaire ?
Comme évoqué précédemment, les infections urinaires sont principalement causées par la pénétration de bactéries dans les voies urinaires, le plus souvent Escherichia coli, une bactérie naturellement présente dans l’intestin. Chez la femme, ces bactéries remontent plus facilement jusqu’à la vessie en raison d’un urètre plus court. Chez l’homme, en revanche, les infections urinaires sont beaucoup plus rares et sont le plus souvent favorisées par une mauvaise évacuation des urines.
La stase urinaire, c’est-à-dire la stagnation des urines dans la vessie en raison d’une vidange incomplète, constitue le principal facteur favorisant les infections urinaires chez l’homme. Une hypertrophie bénigne de la prostate, une sténose de l’urètre ou un calcul urinaire peuvent ainsi créer un environnement propice à la prolifération des bactéries.
Plusieurs facteurs peuvent donc favoriser cette contamination et augmenter le risque d’infection chez l’homme. Il peut par exemple s’agir :
- D’une obstruction des voies urinaires : Une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), des calculs urinaires ou une sténose urétrale peuvent gêner le drainage complet de la vessie, créant un environnement favorable à la prolifération bactérienne.
- D’un sondage urinaire : L’introduction d’une sonde peut directement introduire des bactéries dans la vessie.
- De rapports sexuels anaux non protégés : Ils peuvent transférer des bactéries intestinales à l’urètre.
- D’un système immunitaire affaibli : Le diabète, certains traitements immunosuppresseurs ou des maladies chroniques diminuent la capacité de l’organisme à lutter contre les infections.
- De malformations anatomiques de l’appareil urinaire : Bien que rares, elles peuvent favoriser la stagnation de l’urine, augmentant le risque d’infection.
- D’une prostatite bactérienne chronique : Elle peut servir de foyer à des infections urinaires répétées.
Il est important de noter que, même si les femmes sont plus souvent touchées en raison de leur urètre plus court, les hommes ne sont pas exempts de ces infections, surtout en présence des facteurs de risque mentionnés.
Symptômes : comment savoir si on a une infection urinaire ?
Les symptômes d’une infection urinaire chez l’homme peuvent varier, mais les signes les plus fréquents sont :
- Des brûlures ou des douleurs lors de la miction : il s’agit de l’un des symptômes les plus caractéristiques d’une infection des voies urinaires.
- Des envies fréquentes et pressantes d’uriner (pollakiurie et urgenturie) : le besoin d’uriner survient plus souvent, parfois même lorsque la vessie contient peu d’urine.
- Une difficulté à uriner (dysurie) : chez certains hommes, l’infection peut également s’accompagner d’un jet urinaire faible ou de difficultés à vider complètement la vessie, notamment lorsqu’une atteinte de la prostate est associée.
- Une douleur dans le bas-ventre, le périnée ou le bassin : elle peut traduire une irritation de la vessie ou une atteinte de la prostate (prostatite).
- Des urines troubles ou malodorantes : elles peuvent témoigner de la présence de bactéries, de globules blancs ou de cellules inflammatoires dans les urines.
- Une hématurie : la présence de sang dans les urines peut colorer celles-ci en rose, rouge ou brun et justifie toujours un avis médical.
- De la fièvre, des frissons et une altération de l’état général : ces symptômes peuvent traduire une infection plus sévère, notamment une prostatite aiguë ou une atteinte des reins (pyélonéphrite).
- Une douleur au niveau des lombes ou du flanc : elle peut évoquer une infection ayant atteint les reins.
- Des nausées ou des vomissements : ils peuvent accompagner une pyélonéphrite et nécessitent une prise en charge rapide.
En cas de symptômes, il est impératif de consulter rapidement un médecin. Le diagnostic se fait par examen clinique et analyse d’urine. Le traitement repose souvent sur des antibiotiques adaptés.
Conclusion
Les troubles urinaires chez l’homme sont fréquents, en particulier avec l’avancée en âge, et peuvent avoir des origines très diverses : hypertrophie bénigne de la prostate, infection urinaire, vessie hyperactive, calculs urinaires ou encore maladies neurologiques. Bien qu’ils soient souvent bénins, ils ne doivent jamais être banalisés, car ils peuvent altérer durablement la qualité de vie et parfois révéler une pathologie nécessitant une prise en charge spécifique. . Les traitements vont des médicaments aux techniques chirurgicales innovantes, et peuvent parfois être soutenus par des solutions naturelles.
« Les informations fournies dans cet article sont destinées à informer et à promouvoir la compréhension et la connaissance générale des troubles urinaires chez les hommes. Elles ne sont en aucun cas destinées à se substituer aux conseils professionnels de santé, au diagnostic ou au traitement médical. Les compléments alimentaires ne doivent jamais remplacer un régime alimentaire équilibré et varié. Il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer toute nouvelle routine de supplémentation, en particulier si vous avez des conditions médicales préexistantes ou si vous prenez d’autres médicaments. »
Références
1. https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-g%C3%A9nito-urinaires/sympt%C3%B4mes-des-troubles-g%C3%A9nito-urinaires/polyurie
2. https://www.chuv.ch/fileadmin/sites/dso/documents/Methodes_de_soins/MDS_PLAIES_DAI.pdf
3. https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-r%C3%A9naux-et-des-voies-urinaires/sympt%C3%B4mes-des-troubles-du-rein-et-des-voies-urinaires/miction-excessive-ou-fr%C3%A9quente
Valérie Delenne
Naturopathe
Valérie Delenne, certifiée praticien de santé naturopathe en 2009 auprès de la FENA*, et membre de l’OMNES*, elle suit un cursus en 2011...